07 février 2007
Les Buddenbrook - Thomas Mann.
Premier roman
de Thomas Mann, "Les Buddenbrook" conte la splendeur et la décadence
d'une famille de la bonne bourgeoisie hanséatique à compter de l'an de
grâce 1839 - ou 1834, j'avoue que j'ai un doute - date à laquelle toute la famille vient de s'installer dans cette
somptueuse maison qui se verra achetée à la fin de l'ouvrage par le
fils de parvenus.
A cette époque, le chef de famille se nomme Johann Buddenbrook et tous les espoirs lui semblent permis. Il a quatre enfants : Thomas, dit Tom, Christian, Antonie dite Toni et Clara.
Le titre de consul écherra d'ailleurs à Tom, qui reprendra aussi
l'affaire familiale. Clara, la plus jeune, épousera un pasteur
luthérien qui lui survivra et auquel elle lèguera sa part de la fortune
familiale. Christian quant à lui ne fera pas grand chose de son
existence et Toni ...
La
souriante et fière Toni, pour qui le nom de Buddenbrook vaut titulature
de prince, se mariera deux fois - et ses deux unions seront
malheureuses. Son premier époux, Grünlich,
ne prétend à sa main que dans l'espoir que la fortune qu'elle lui
apporte fera patienter ses créanciers. Ce qui sera d'ailleurs le cas
pendant huit ans. Puis les choses suivront leur cours et Johann
Buddenbrook viendra lui-même chercher sa fille et sa petite-fille pour
les ramener chez lui. Il laissera son gendre à sa faillite et, vu la
personnalité détestable de celui-ci, le lecteur ne peut lui donner tort.
Le remariage de Toni avec le Munichois Permaneder,
homme brave mais on ne peut plus rustre, ne lui apportera pas plus de
joies. Comprenant un soir qu'il la trompe avec leur domestique, elle
fait ses malles et repart dare-dare pour Lübeck, ville natale des
Buddenbrook.
Telles
sont quelques uns des événements majeurs de ce roman qui se lira
facilement si l'on aime à la fois les grandes histoires familiales et
les romans-pavés. Mann n'y atteint pas
- première oeuvre oblige - à la perfection qui sera la sienne dans "La
Montagne Magique" ou dans "La Mort à Venise" mais ses personnages,
surtout Johann Buddenbrook et ses deux enfants, Tom et Toni, ont déjà
une carrure qui annonce celle d'un Hans Kastorp.
Ajoutons
que le roman restitue les péripéties sociales - la révolution de 1848
et l'émergence de la Prusse, entre autres - qui marquèrent le XIXème
siècle de l'autre côté du Rhin.
