07 février 2007
Les Fantômes de Trianon (I) - Moberly & Jourdain.

Par leur aventure survenue au Petit Trianon, Miss Moberly et Miss Jourdain se sont un jour retrouvées sous le règne d'un monarque français. Mais sous quel règne, précisément ? Telle est bien la question qui demeure. Les héroïnes de cette histoire n'ont cessé d'évoquer la fin du règne de Louis XVI et de parler, au sujet de leur aventure, d'un phénomène qui leur aurait permis d'entrer dans la mémoire de Marie-Antoinette se remémorant les beaux jours de Trianon. La majeure partie des chercheurs qui, après elles, ont tenté d'analyser les faits sont plutôt partisans du règne de Louis XV, très précisément de l'année 1774. (Cf. l'hypothèse de Guy Lambert dans l'Introduction de Robert Amadou.)

Charlotte, Ann, Elizabeth Moberly
Elle
aurait eu des ascendances slaves par son père. Selon la tradition
écossaise maternelle, la petite Annie étant la septième fille d'un
septième fils était née, de ce fait, avec des dons de "clairvoyance."
Eleanor, Frances Jourdain
Comme Annie Moberly, elle était fille de clergyman mais son père était d'origine française et huguenote.
Ces faits, quels sont-ils ?
Le
10 août 1901, dans l'après-midi, deux enseignantes anglaises, Miss Ann
Moberly et Miss Eleanor Jourdain, alors en vacances, décident de
visiter Versailles et, plus précisément, Trianon. Leur visite
commence normalement, elles voient salles et jardins et c'est dans la
Galerie des Glaces que Miss Moberly propose à son amie de rejoindre le
Petit Trianon. Les deux femmes se mettent en route et c'est lorsqu'elles empruntent un sentier un peu écarté que les événements insolites commencent à s'enchaîner :
1) Elles avisent tout d'abord deux hommes, l'un plus âgé que l'autre et portant tous deux des tenues "vert-de-gris et de petits tricornes" (M. 1). Elles
les prennent pour des jardiniers car l'un d'entre eux a une bêche et
leur demande leur chemin. Ils leur répondent de "continuer tout droit."
(M. 1).
Peu après, Miss Jourdain aperçoit une femme et
une fillette sur les marches d'une maisonnette isolée, sur la droite.
"La femme passait une cruche à la fillette qui portait un bonnet blanc"
(J. 2). Mais Miss Moberly, en revanche, ne voit pas ces deux personnes.
2) Elles arrivent alors devant une espèce de kiosque qu'elles prennent pour le Temple de l'Amour - elles comprendront plus tard qu'elles ont fait erreur. Sur
les marches du monument, un homme est assis, vêtu "d'une cape et d'un
chapeau à larges bords" (M. 2) "Son visage était extrêment repoussant
et il semblait menaçant" (M. 1).
3) Fort heureusement
pour les demoiselles anglaises, peu enclines à demander confirmation de
leur chemin à cet inquiétant personnage, surgit brusquement à
leurs côtés "un homme grand et beau, avec des yeux noirs et des cheveux
frisés et bouclés sous un vaste sombrero. (...) Il souriait et il avait
l'air intérieurement amusé. Il avait une cape noire qu'il portait comme
une écharpe, l'un des pans flottait derrière lui tant il se hâtait"
(M.1). Elles ont du mal à comprendre son français mais
réalisent cependant sans problème que l'inconnu leur recommande de
tourner à droite. Ce qu'elles font avec empressement car cela leur
évite de passer ainsi trop près de l'homme du Temple.
4) Après avoir franchi un petit pont, Miss
Moberly voit une femme blonde, en toilette vert pâle, occupée à
dessiner sur l'herbe. Elle a tout le temps de la dévisager, de lui
trouver un visage peu sympathique. Mais grande sera sa stupeur,
quelques jours plus tard, lorsqu'elle réalisera que sa compagne, Miss Jourdain, n'a pas vu cette femme.

Marie-Antoinette donnant la main à Mme Royale, future duchesse d'Angoulême et au petit Dauphin - Toile de Wertmüller.
Miss
Moberly déclara plus tard que ce portrait peu connu de la Reine lui
rappelait beaucoup la femme blonde occupée à dessiner près du Petit
Trianon.
5) Dernière apparition : celle d'un
jeune homme qui "sortit d'une porte du jardin et nous dit que nous ne
pouvions entrer dans la maison que par la cour de la façade, et nous
conduisit par un autre chemin, parallèle à celui où nous avions
rencontré les jardiniers. Il semblait amusé en nous accompagnant." (M.
1)
A partir de là, le retour à la normale se fait par
l'irruption d'une noce en train de visiter le château et à laquelle se
mêlent les deux Anglaises.
Commentaires
C'était donc vrai.
Merci beaucoup pour cette page.
Cela m'a permis de vérifier que ce que l'on m'a raconté, quand j'étais petit, était vrai.
Cette histoire a donc bien eue lieue.
Le Trianon est hanté!
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